Enjeu de l’Internet sur l’élection présidentielle de Madagascar

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu ce vendredi 25 octobre à Madagascar. Après de multiples reports, cette fois-ci, le pays tiendra la première élection acceptée par la communauté internationale depuis les troubles de 2009.

A part les propagandes sur le terrain, le web est également un véritable champ de bataille électorale, surtout sur les réseaux sociaux, il y a des guerres de « j’aime » sur Facebook par exemple. Nos politiciens ont sûrement appris que le succès d’Obama aux USA est en partie lié à sa bonne utilisation d’une stratégie web efficace. Il ne faut pas rater cette option-là se disent peut-être les équipes de campagne de nos politiciens !!!

Sites web

On n’a pas encore la liste exhaustive des sites web des candidats. Il y a ceux qui ont juste créé des blogs gratuits, car créer et gérer un site web nécessite un certain budget. C’est un moyen de différencier les candidats sérieux de ceux qui ne font office que de figuration, car un site web est le bon média pour présenter le programme d’un candidat à la présidentielle.

Facebook

Pour info, les utilisateurs Facebook à Madagascar de plus de 18 ans, c’est-à-dire les gens en âge de voter sont au nombre de 340 000 personnes environ.

Audience Facebook à Madagascar + 18 ans

Audience Facebook à Madagascar + 18 ans

Il ne faut pas rater ce filon-là. Depuis l’ouverture des dépôts de candidature au mois d’avril dernier, les publicités Facebook foisonnent, la zone du côté droit pour les liens sponsorisés est tous les jours remplie de 2 à 5 publicités de candidats.

Les premiers à s’investir sur Facebook étaient : Sylvain Rabetsaroana, Dr Jean-Louis Robinson, Ny Rado (candidat exclu après le renouvellement de la Cour électorale spéciale ou CES début août). Le premier est actuellement le candidat ayant le plus de « j’aime ».

Bonne percée du dernier candidat inscrit

Hery Rajaonarimampianana est le dernier et 33e candidat à s’être inscrit en substitution à deux candidats exclus par la CES plus de trois mois après la clôture des dépôts de candidature. Son équipe a donc créé et promu depuis mi-août sa page Facebook qui a immédiatement obtenu ses premiers j’aime. Actuellement, la page a plus de 5 400 j’aime.

Ascension fulgurante de Dr Robinson

Etant un des premiers à s’investir sur les médias sociaux, ce candidat n’a pourtant recueilli qu’environ 500 likes avant le mois de septembre 2013, mais depuis l’annonce officielle de soutien par l’ancien président Marc Ravalomanana en exil, sa page est devenue le plus populaire passant de 500 likes à proche de 17 000 aujourd’hui. C’est une véritable success-story pour une page de personnalité à Madagascar ! Il semble que les partisans de l’ancien président se sont rués sur sa page après l’annonce du soutien.

Des candidats ont investi tardivement financièrement sur les réseaux sociaux comme Rajemison Rakotomaharo, Edgard Razafindravahy mais comme dit le dicton : mieux vaut tard que jamais !

Pour conclure, voici le Top 5 des candidats sur Facebook, c’est un tableau d’analyse effectué par le site Madagrow.

Top 5 des candidats sur Facebook. Capture d'écran sur Madagrow

Top 5 des candidats sur Facebook. Capture d’écran sur Madagrow

Il s’agit d’un classement par ordre de popularité et non pas par ordre de likes, car la popularité équivaut au nombre de personnes qui parlent du candidat. Notons qu’il existe des sociétés qui vendent illégalement des « J’aime » en utilisant des milliers de faux comptes.

Twitter

On n’aurait pas cru que les candidats investiront ce réseau social, mais ils sont nombreux à avoir des comptes malgré le faible nombre d’utilisateurs malgaches de cet outil par rapport à Facebook.

Les utilisateurs malgaches de Twitter ne sont pas arrivés à se fixer un hashtag unique par conséquent beaucoup de hashtags sur les élections foisonnent comme #mdg2013, #mg261, etc. Ceux qui veulent promouvoir les ridicules de l’élection ont même créé le hashtag #mdr2013 pour « mdr » pour « mort de rire ».

Autres médias web

Les médias dits sociaux ne sont pas seulement Facebook et Twitter, il y a également Instagram, Pinterest, Foursquare, etc. D’ailleurs, il y a d’autres voies pour faire de la publicité sur Internet.

Rares sont les candidats qui percent vraiment dans l’utilisation de ces outils, je cite notamment Dr Jean-Louis Robinson et Hajo Andrianainarivelo. Le premier ou bien son équipe poste régulièrement des live photos de leurs meetings sur Instagram. Le second est le seul à faire des publicités Google (Adwords).

Sondages

Des sondages libres et indépendants existent sur Internet, mais il faut préciser  que le taux de pénétration à Madagascar est d’un peu moins de 3 % donc les sondages sur Internet restent non fiables,  et il y a encore beaucoup d’analphabètes au pays. De plus, cela nécessite la volonté de l’internaute, il est quasi certain que les partisans du pouvoir n’ont pas ce désir de s’exprimer par rapport aux partisans de l’opposition qui ont écarté des médias pendant la transition.

Cela commence déjà pour les législatives

Les législatives jumelés au deuxième tour de la présidentielle le 20 décembre seront également un combat électoral intéressant. Et les candidats commencent déjà à s’activer sur le net pour la précampagne, des publicités Facebook apparaissent déjà.

Il y a 33 candidats à l’élection présidentielle de Madagascar, il y a ceux qui ne sont présents ni sur le terrain ni sur le web. Mais il y a ceux qui font campagne sur le terrain, mais ne font pas sur le web : est-ce une mauvaise stratégie ? On ne le sait pas encore !

Au lendemain de ce scrutin, qui accouchera soit d’un deuxième tour (c’est le plus probable) soit directement du premier président de la quatrième République, on verra comment les médias sociaux ont participé à cette élection.

Infographie des publicités Facebook. Création: Rija (Haikajy Agency)

Infographie des publicités Facebook. Création: Rija (Haikajy Agency)

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Rijaniaina
Je suis un néo-rural du numérique (autrement dit « blogueur ») résidant à Gasikara (Madagascar). De métier, je suis un concepteur de projets d'applications informatiques : gérer une équipe de programmeurs est un métier qui n'est pas de tout repos. Dans mon pays, rien ne bouge mais j'aimerais la faire bouger!

3 Commentaires

  1. Pronostic, difficile à dire! Il y a 33 candidats mais 5 ou 6 favoris se dégagent. Les sondages non officiels vont en faveur des 2 poulains ou 2 candidats interposés des 2 protagonistes originaux que sont Ravalomanana et Rajoelina.

    Mais des surprises peuvent se produire, l’électorat a peut-être changé depuis

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