Récit de voyage: RDC vs Madagascar

J’ai récemment voyagé dans quelques pays africains ce début d’année 2017 et depuis que ce blog ait été renommé « Madagascar rien ne bouge », je n’ai pas écrit de billets à ce propos. Eh bien, c’est le moment.

Mon dernier voyage était en République Démocratique du Congo, plus exactement dans la partie Est du pays. La beauté d’un pays je la mesure par sa nature c’est-à-dire sa biodiversité et non pas par ses infrastructures et ses bâtiments. Ainsi, la RDC est pour moi un très beau pays autant que Madagascar : deux pays avec des paysages à couper le souffle, de vraies attractions à touristes mais malheureusement ce n’est pas le cas.

Deux pays très riches en ressources naturelles

Lisez les pages Wikipédia concernant ces deux pays RDC et Madagascar pour savoir qu’ils ont un sous-sol très riche. Madagascar = pierres précieuses, gisements pétroliers (onshore et offshore), uranium, ilménite, nickel, cobalt, niobium, fer etc. La RDC = cuivre, cobalt, diamant, gaz méthane, or, bauxite, manganèse, schistes bitumeux, charbon, coltan etc. Effectivement, le Congo démocratique est le fournisseur mondial du coltan, ce minerai important dans la fabrication des téléphones portables. Cette richesse presque unique de ce pays ne le rend pas ce pays aussi riche qu’il le devrait, ce serait même la cause des guerres civiles permanentes à l’ouest du pays jusqu’à le surnommer : le minerai du sang.

Avec toutes ces ressources, la RDC et Madagascar font encore partie des moins développés au monde : selon un dernier classement de la Banque Mondiale basé sur le PNB par habitant, RDC est la 10ème nation la plus pauvre au monde et Madagascar est la 5ème.

Corruption

Je ne vais pas trop parler de l’existence ou non de la corruption en RDC mais les tentatives de me soutirer des dollars à l’aéroport international en sont la preuve : les Bobs à badges qui essaient de t’aider en disant des montants plus élevés et des frais inexistants. Les Congolais avec qui j’ai travaillés confirment l’existence de ce problème dans ce pays.

Je connais mieux le problème de la corruption dans mon pays qu’est Madagascar. Le dossier chaud durant mon séjour en RDC était lié à une enquête pour corruption d’une richissime femme d’affaire malgache [lien RFI] à la fois conseillère spéciale du Président de la République qui était en pseudo-évasion à l’Ile Maurice, officiellement en évacuation sanitaire là-bas mais désormais rapatrié dans un hôpital du pays. Le Syndicat des magistrats ainsi que plusieurs membres de la société civile avait demandé l’extradition de cette dame. Elle ne serait plus aussi intouchable qu’elle l’était mais laissons maintenant la justice faire son travail. A Madagascar, il y a un site web où l’on peut dénoncer anonymement [lien RFI] des actes de corruption : les statistiques montrent que presque tous les secteurs en sont gangrenés commençant par la police de la circulation routière, en passant par la justice et surtout dans l’éducation elle-même.

Manque de volonté de nos dirigeants

Montage photo – Wikimédia

La décadence d’un pays ne peut selon moi être imputée qu’à son instance dirigeante et aussi à l’inaction des élites. C’est comme si nos dirigeants n’ont aucune vision d’avenir pour leurs pays. Les deux pays semblent avoir les mêmes problèmes : ils n’appliquent jamais les solutions évidentes pour développer leur pays et sortir leurs pays de l’impasse. La RDC devrait élire un nouveau dirigeant au mois de décembre de cette année mais la situation ne semble pas mener vers cet objectif et pour Madagascar ce sera l’année prochaine : il sera grand temps de ne plus élire de lamentable dirigeant improvisé !

Les gens me parlaient de l’exemple du basketteur congolais Dikembe Mutombo qui jouait à la NBA : il est venu financer la construction d’un petit hôpital, il a souffert avant d’avoir pu réaliser ce projet d’hôpital, on lui aurait mis des bâtons dans les roues, ce genre de situation décourage beaucoup d’investisseurs qui veulent venir en RDC.

Délestage de courant électrique (et d’eau)

Barrage Inga 1 – Wikimédia

Dans les pays que j’ai sillonnés récemment, je peux affirmer que le délestage est le mal commun de beaucoup de pays africains. La longue coupure de courant fait presque partie de mon quotidien à Madagascar. Et je ne pensais pas revivre cela dans un autre pays mais ce fût le cas en RDC, le délestage y fait également rage : cela peut durer plus de dix heures par jour de coupure dans certain endroit de Kinshasa.

Je trouve cette situation très triste pour ce pays ayant le plus grand potentiel hydro-électrique au monde. Le fleuve Congo qui traverse à la fois l’hémisphère nord et sud et est arrosé tout au long de l’année possède un flux presque constant d’eau peut servir à abriter le plus grand barrage hydroélectrique dans le monde et fournir l’électricité à toute l’Afrique. Il s’agit des barrages d’Inga dont la maintenance n’étant pas bien assurée, ils fonctionnent à capacité réduite.

Pour terminer, les embouteillages et l’incivilité dans la circulation routière, c’est le même désordre à Kinshasa qu’à Antananarivo. C’est également le même problème à Conakry l’autre capitale africaine que j’ai récemment visitée. L’état de la plupart des ruelles et des routes je n’en parle même plus. Pourquoi en est-on arrivé à ce point en RDC et à Madagascar ??

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Rijaniaina
Je suis un néo-rural du numérique (autrement dit « blogueur ») résidant à Gasikara (Madagascar). De métier, je suis un concepteur de projets d'applications informatiques : gérer une équipe de programmeurs est un métier qui n'est pas de tout repos. Dans mon pays, rien ne bouge mais j'aimerais la faire bouger!

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