Un vivier d’électeurs malgré eux à Madagascar

Les élections présidentielles arriveront bientôt à Madagascar et les dates sont déjà connues : ce sera le 7 novembre pour le premier tour et le 19 décembre 2018 pour le second tour.

Madagascar ? C’est l’un des pays les plus pauvres du monde. Une pauvreté avec un contraste « ville » VS « campagne ».

En ville

Une ville malgache c’est un bal des SUV et des 4×4 dans un océan de pauvreté. Dans la capitale Antananarivo, la pauvreté urbaine se présente sous la forme de ces enfants des rues qui mendient partout et auxquels seuls les touristes ont la gentillesse de donner des sous. Mais ce sont surtout les BIDONVILLES, que l’on nomme communément « bas quartier » (Ambany tanàna) dans le pays.

En campagne

L’extrême pauvreté est surtout présente dans les zones rurales. Dans le Grand Sud de Madagascar, la famine frappe presque saisonnièrement, chaque année. L’Éducation fait aussi défaut à la campagne : soit il n’y a pas d’établissements scolaires, soit les écoles sont très éloignées des lieux d’habitation, soit elles existent mais il n’y a pas d’enseignants.

Eh bien, cette frange très démunie et majoritairement analphabète de la population malgache représente bel et bien « des électeurs » inscrits dans la liste électorale.

C’est un vivier d’électeurs que personne ne prend en considération dans les débats sur le développement. Les politiciens ne les considèrent que pendant les campagnes électorales, en les réunissant pour des spectacles gratuits et ensuite pour les photos de foule. Un meeting électoral se termine souvent par une distribution de casquettes, de t-shirts mais surtout de produits de première nécessité (riz, sucre, huile etc.). C’est en quelque sorte une « arnaque » électorale. Voilà où vont les élections à Madagascar. Nos élections sont tout sauf DÉMOCRATIQUES. Et ces personnes sont les premières oubliées dès que le candidat est élu.

Je ne connais pas le pourcentage exact de ce vivier d’électeurs, mais ils représentent un taux assez conséquent pour assurer au moins l’arrivée au second tour de ceux qui ont le moyen matériel et financier de s’adonner à cette arnaque électorale.

Pour Madagascar, il est temps de sortir de son complexe insulaire perpétué par nos politiciens véreux qui profitent du défaut d’éducation de la population et d’oser s’inspirer des réussites africaines souvent non francophones : l’Éthiopie, le Rwanda, l’Ile Maurice, etc… Osez un compromis, une vraie « refondation » dirigée par une nouvelle génération de leaders.

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Rijaniaina
Je suis un néo-rural du numérique (autrement dit « blogueur ») résidant à Gasikara (Madagascar). De métier, je suis un gestionnaire de projet informatique qui parle de politique. Un codeur politicard? Dans mon pays, rien ne bouge mais j'aimerais la faire bouger!
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