Six semaines en pleine Silicon Valley

Cela fait un an qu’un groupe de jeunes africains a été sélectionné pour vivre une expérience américaine de six semaines dans le royaume du numérique qu’est la fameuse « Silicon Valley ». Venus suivre une formation sur le leadership et l’entrepreneuriat, 25 jeunes leaders africains étaient placés dans un collège communautaire dénommé Skyline College, à San Bruno, un comté situé au sud de la ville californienne de San Francisco. C’est là que s’ouvre la vallée du numérique, dans laquelle on trouve par exemple le siège social de Youtube, un important bureau du géant Oracle et la branche informatique de Walmart. Avec un profil majoritairement passionné des nouvelles technologies, ces jeunes leaders et moi nous sentions comme lors d’un pèlerinage vers la terre sainte du numérique !

Remise de diplômes avec les Mandela Fellows de Skyline College – Crédit: Skyline College

Les autres comtés comme Palo Alto, où se trouve le siège de Facebook et de l’Université Stanford (l’Harvard de l’Ouest), Mountain View, qui accueille celui de Googleplex ou Cupertino, où l’on trouve le parc de la firme à la pomme (Apple Park) se trouvent plus au sud de notre institution hôte. Pour s’y rendre, il nous fallait réaliser un trajet de 15 à 35 minutes en Uber ou Lyft, les VTC à la mode aux Etats-Unis.

Nous étions là-bas pour apprendre les rudiments de l’entrepreneuriat, à travers une intense formation académique et des ateliers, mais surtout des visites d’entreprises. Et il n’y a rien de plus excitants que de visiter les sociétés de la Silicon Valley !

Visite chez Lyft le concurrent d’Uber – Crédit photo: Skyline College

Visite de Square et Uber – San Francisco. Crédit photo: Celemusa

A l’intérieur de Facebook HQ – Crédit photo: Jennifer Fong

Jack Dorsey au milieu (fondateur de Twitter) – Crédit photo: unknown

Écosystème des startups dans cette région

La Silicon Valley reste l’écosystème entrepreneurial le plus dynamique au monde, cette région attire les start-ups innovantes du monde entier. Nous tentons de profiter de notre passage dans la région pour nouer des partenariats mais surtout de trouver des investisseurs : les 24 autre jeunes leaders et moi sommes tous des jeunes créateurs d’entreprises, ou au moins porteurs de projet.

Six d’entre nous ont eu la chance d’être sélectionné pour participer à un « LIVE SHARK TANK », primant les 3 premières start-ups dans un concours de pitch de 3mn chacun devant de réels « angel investors » (investisseur providentiel dirait-on en Français) le temps d’une soirée dans un club de San Francisco :

Une pitcheuse – Crédit photo: Margy Anne

Les pitcheurs de la soirée – Crédit photo: Mwape

Les deux premiers ont été deux camarades africains ayant des petites entreprises qui tournent déjà dans leurs pays respectifs, le Sénégal et la Zambie, car ils étaient impressionnants dans leurs pitchs et leurs idées étaient les meilleures de la soirée. Le prix du vainqueur devait être un investissement de 50 000 dollars, mais du fait que les start-ups de mes camarades n’ont pas leur siège aux USA, le lot fût transformé en 50 000 dollars de coaching et de marketing. En résumé, les africains savent pitcher mais n’attirent pas!

Les investisseurs de la Silicon Valley ne croient pas aux start-ups africaines, prétextant n’avoir aucune connaissance du marché africain et évoquant l’instabilité politique sur le continent pour éviter des les soutenir. Nous avons discuté avec de grosses pointures en la matière, là-bas, mais c’est toujours le même refrain !

YO – Une application pour s’envoyer des Yô reçoit des millions d’USD

C’est vraiment dommage pour l’attractivité du marché africain à l’Ouest des États-Unis, géographiquement très éloigné de l’Afrique tout de même. Car en parallèle, les capital-risqueurs de cette région osent investir sur tout et n’importe quoi comme des start-ups qui échouent au bout d’une année ou des apps qui ne proposent pas de réelle valeur ajoutée – on pense ici à l’application Yo (logo ci-dessus), qui ne sert qu’à dire «Yo», mais a réussi à lever plusieurs millions de dollars à ses débuts. pourtant, à l’époque, elle n’avait pas encore défini de modèle d’affaires clair (depuis, l’entreprise a pu diversifier ses activités). Il y a aussi l’histoire de «Skully», qu’on nous racontait là-bas comme un exemple pour faire rire: il s’agit d’une start-up sensée fabriquer des casques moto à réalité augmentée, et dont le fondateur était juste un incroyable pitcheur. Il a ainsi épaté les investisseurs et ces derniers, bluffés, lui ont ouvert leurs porte-monnaies (Le Figaro résume bien cette histoire: La start-up Skully est partie avec la caisse).

Chers investisseurs, par ici les yeux => l’Afrique est en bonne voie de devenir un continent de start-ups innovantes !

En tout cas, malgré tout cela, ce pèlerinage en terre sainte du numérique fût plus qu’enrichissant. Nous, le groupe de jeunes africains invités pour cette expérience, avons réussi à marquer de notre passage l’existence d’un écosystème entrepreneurial grandissant en Afrique.

Auteur: Rijaniaina Randrianomanana

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Rijaniaina
Je suis un néo-rural du numérique (autrement dit « blogueur ») résidant à Gasikara (Madagascar). De métier, je suis un gestionnaire de projet informatique qui parle de politique. Un codeur politicard? Dans mon pays, rien ne bouge mais j'aimerais la faire bouger!
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