Les pickpockets de téléphones portables à Madagascar

Le vol à la tire est un phénomène en recrudescence depuis la crise interminable que vit le pays depuis plus de trois ans. Les pickpockets surnommés « Mpisam » en malgache pullulent dans tous les coins de rue d’Antananarivo.

On va s’intéresser à un cas particulier de vols à la tire, et oui même parmi les pickpockets il y a des spécialisations, cette fois il s’agit des vols de téléphones portables. En effet, les cellulaires sont devenus un outil indispensable dans le quotidien des Malgaches, deux citadins sur trois en possèdent. Cette catégorie de pickpockets opère également dans les foules comme les marchés et les arrêts de « taxibé » (le nom du transport en commun à Antananarivo). Les cas dont j’ai été témoin se sont tous passés au niveau des arrêts de taxibé (bus) pendant les heures de pointe : le matin quand la plupart des gens partent au travail et surtout le soir quand les gens rentrent à la maison fatigués après un dur labeur. Un des cas c’est que la victime c’est moi-même : après avoir passé un coup de fil, j’ai rangé mon cellulaire dans mon sac à dos, mon bus arriva et je cours le prendre mais quelque chose me retient lorsque je suis arrivé devant la porte du bus, en fait il y avait un pickpocket qui fouillait dans mon sac à dos et m’empêchait d’entrer mais le mal autrui a décidé d’abandonner au bout de quelques secondes sans avoir réussi à voler mon cellulaire, Dieu merci ! A savoir que ces voleurs ne sont pas vêtus comme ce que l’on croît : des clochards mal habillés mais au contraire ils s’habillent proprement et élégamment pour écarter toutes soupçons : ils attendent comme tout le monde aux arrêts de bus pour repérer l’emplacement des téléphones portables de leurs futures victimes, ils se mêlent ensuite aux gens qui se bousculent pour entrer dans les bus et c’est à ce moment qu’ils passent à l’attaque en fouillant les poches et les sacs des voyageurs; un de leurs modes opératoires c’est qu’ils opèrent à plusieurs et qu’ils sont armés, c’est pourquoi les badauds n’osent pas dénoncer. Toutefois, des pickpockets sont capturés et la foule décide souvent de se faire justice en les molestant car les malgaches font de moins en moins confiance à la police et à la justice ; en effet, ces voleurs une fois remis à la police se retrouvent souvent relâchés d’on ne sait pas pourquoi ? Mais la question que l’on se pose c’est aussi ce que vont devenir ces téléphones volés ? Et bien, ils se retrouvent vendus au marché noir dans les quartiers malfamés d’Antananarivo. Ces pratiques ne sont plus un secret pour personne mais la situation qui prévaut à Madagascar depuis 2009 a entraîné un déclin considérable de l’état de droit. Voilà le cas pour ce type de banditisme que l’on va qualifier de « bas niveau » mais les actes de grands banditismes mettent également à mal nos forces de l’ordre.

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Rijaniaina
Je suis un néo-rural du numérique (autrement dit « blogueur ») résidant à Gasikara (Madagascar). De métier, je suis un concepteur de projets d'applications informatiques : gérer une équipe de programmeurs est un métier qui n'est pas de tout repos. Dans mon pays, rien ne bouge mais j'aimerais la faire bouger!

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