Madagascar, les élections « peut-être »

Je reprends la plume pour parler de politique.  Je ne m’occupe pas de politique, c’est comme si vous disiez, je ne m’occupe pas de la vie. (Jules Renard)

Aujourd’hui c’est le 24 Juillet, date à laquelle aurait pu se tenir la première élection présidentielle de Madagascar depuis la crise, « notre crise » qui a éclaté en 2009 depuis que Andry Rajoelina a destitué le président à l’époque Marc Ravalomanana depuis une manifestation populaire vers un coup de force de militaires acquis à sa cause, ce fut le premier coup d’État de son histoire à Madagascar. C’est un peu comme ce qui vient de se produire récemment en Égypte. Il n’y pas d’élection aujourd’hui et on ne sait pas encore quand on en aura. C’est triste, mon espoir fut anéanti par les tergiversations de nos politiciens de toujours reporter les élections voire au pire des cas de ne prolonger indéfiniment la transition.

Mamane (la chronique de Mamane). Crédit photo: RFI

Mamane (la chronique de Mamane). Crédit photo: RFI

Lorsque j’étais à Dakar au mois d’avril, je disais à tous ceux qui me questionnaient sur la situation à Madagascar qu’une élection se tiendra enfin le 24 Juillet. Juste de retour au pays, de surprise en surprise, les malgaches ont découvert que les politiciens ne cesseront jamais de nous étonner: Madagascar est même devenu le Gondwana dans la chronique de Mamane sur la Radio RFI. La candidature surprise a été inventée à Madagascar: il faut surprendre tout le monde, tes adversaires, les journalistes et même tes partisans, tu n’es pas sur la liste des candidats et hop tu y es alors que tu avais solennellement annoncé que tu ne sera pas candidat au mois de janvier. On a découvert un nouveau type d’élection plus révolutionnaire que les précédents, une élection peut-être, pas surprise ni obligée. Heureusement, le ridicule ne tue pas.

Cela fait plus de quatre ans que l’on attend une date d’élection à Madagascar mais cela n’arrive pas. Or, le Mali un pays qui sort d’une période trouble, d’une guerre même va avoir leur élection présidentielle dans quatre jours, ce dimanche 28 juillet. C’est peut-être une élection obligée mais eux ils arrivent à en organiser une et que la communauté internationale va reconnaître le résultat.

Pour rappel, la crise malgache est une crise qui s’éternise: elle a presque commencé en même temps que toutes les autres aux environs de l’année 2009. Je me souviens du coup d’État en Mauritanie le 6 août 2008 mais une élection présidentielle a pu se tenir juste un an après le 18 juillet 2009 et c’est réglé. Il y avait aussi la situation trouble en Guinée-Conakry avec la montée au pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara mais j’ai entendu qu’il y aura bientôt les élections législatives là-bas. Il y avait également le coup d’État au Niger en février 2010 contre le président Mamadou Tandja mais je pense que ça s’est calmé depuis. Et enfin, j’ai suivi les péripéties du coup d’État en Honduras en Juin mais c’est du passé maintenant. Juste après, beaucoup de choses se sont passées dans le monde et les plus marquants furent les Printemps Arabes: Tunisie, Égypte, Libye!

La crise malgache reste peu médiatisée mais en coulisse, notre cas intéresse la communauté internationale. Une sorte de guerre froide existe entre diverses franges de cette communauté internationale (SADC, UA, UE, France, États-Unis, Russie, Chine, etc.).  Plusieurs choses se font surement à notre insu: accords secrets, alliances, magouilles, etc.

Je reviens encore sur le cas de la communauté internationale qui complique les choses et qui n’est pas étrangère au prolongement de la « transition » autrement dit de la crise malgache. Le GIC de l’année 2009-2010 devenu GIC-M ou Groupe International de Contact sur le dossier Madagascar est revenu à la charge récemment pour abattre sa dernière carte mais qui semble être la plus mauvaise: oser demander le retrait de trois candidats qui sont les trois favoris du scrutin comme conditions de leurs soutiens techniques et financiers des prochaines élections est trop mal calculé sauf si le but c’est de créer des troubles à Madagascar or le but selon eux c’est l’apaisement. Sincèrement, je suis déçu d’eux, ils ont prouvé leur incompétence dans la médiation à Madagascar.

Et les lecteurs, comment cette organe magique dénommée « communauté internationale » a géré la crise qui s’est passée ou qui se passe actuellement dans vos pays?

Et pour terminer, en illustration de la situation socio-politique morose que traverse le pays, voici une photo de l’arrestation d’un candidat à la présidentielle hier 23 juillet dans le centre-ville lors d’un rassemblement:

Arrestation du candidat à la présidentielle Laza Razafiarison

Arrestation du candidat à la présidentielle Laza Razafiarison

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Rijaniaina
Je suis un néo-rural du numérique (autrement dit « blogueur ») résidant à Gasikara (Madagascar). De métier, je suis un concepteur de projets d'applications informatiques : gérer une équipe de programmeurs est un métier qui n'est pas de tout repos. Dans mon pays, rien ne bouge mais j'aimerais la faire bouger!

4 Commentaires

  1. Oui tu as raison Fofana!
    J’ai parlé du cas de la Mauritanie, de la Guinée et du Niger. J’aurais aimé aussi parler de la Côte d’Ivoire car ça a aussi mis du temps pour trouver la date de l’élection chez vous non!
    Il y a eu aussi cette crise Gbagbo-Ouattara mais je crois que c’est calme aujourd’hui?

  2. Je comprends fort bien ton amertume en comptant toutes ces histoires qui retiennent encore ton cher pays coincé dans cette impasse politique. Il n’y a pas seulement le cas de Madagascar qui m’interpelle dans ton récit, car, on dirait que l’Afrique entière se trouve dans ce même panier de merde qu’on appelle instabilité politique. Pourquoi tous ces coups d’état à répétition ? Le Noir, serait-il incapable de se diriger ? Je ne veux pas être trop cynique dans mes interrogations, mais ce qui se passe là-bas n’est pas du tout intéressant. En attendant, courage mon ami. Que la date officielle des élections ne tarde plus à être dévoilées.

    1. Je ne pense pas que le Noir soit incapable de se diriger… mais qu’il est devenu trop influençable… par la Communauté internationale ! Il devrait enfin apprendre à être réellement indépendant !

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