Rijaniaina

Madagascar, nouveau président élu mais pas encore de Premier Ministre

Ce billet traine depuis le jour d’investiture (samedi 25 janvier) de notre nouveau président Hery RAJAONARIMAMPIANINA dans un fichier texte de mon ordinateur. Cela s’est passé il y a deux mois de cela mais maintenant, aucun Premier Ministre n’est encore nommé, le premier gouvernement de la quatrième république est d’un difficile accouchement. C’est encore le gouvernement de transition qui assure l’intérim.

Rajaonarimampianina a été officiellement investi comme président ce samedi là. Cette étape clôt définitivement la transition dirigée par Andry Rajoelina pendant cinq ans, tout un mandat. Le hashtag twitter #mdg2013 peut maintenant prendre sa révérence. L’ année 2013 a véritablement agité la blogosphère malgache notamment sur Mondoblog avec moi, Lalah, Guénolé et Andriamialy! Ce dernier  a même publié un billet intéressant relatant la situation de l’époque le mois de janvier dernier : Rajaonarimampianina et Robinson : colombes ou faux cons.

Je profite de ce billet pour dire mes félicitations (c’est vrai je suis en retard) et ma reconnaissance au nouveau président. Un grand défi lui attend pour la reconstruction économique et morale du pays, ce n’est pas une tâche facile. Il a dit pendant son premier discours: « Ma priorité est de mettre en place l’Etat de droit qui va rétablir la confiance entre la population et ses dirigeants. Je pense que c’est le socle de toute chose. ». Qu’il en soit ainsi, amen!

Hery Rajaonarimampianina, discours d'investiture
Hery Rajaonarimampianina, discours d’investiture

Biographie du président

De son nom complet Hery Martial Rajaonarimampianina Rakotoarimanana, cet homme de 55 ans est un expert comptable qui n’aurait jamais songé à un tel succès politique. A priori, il est même le premier expert comptable devenu président élu dans le monde. Selon des amis qui sont ses anciens étudiants, cet ancien directeur des études à l’Institut national des Sciences comptables de l’administration d’entreprises de Madagascar (INSCAE) est un professeur cool donc aimé de ses élèves. Il est le ministre des finances pendant presque toute la transition 2009-2013. Fidèle à Andry Rajoelina, il est indirectement son candidat de remplacement.

Marié à Voahangy Rajaonarimampianana, notre jeune et belle première dame de 30 ans.

Il prend maintenant la fonction de président, le premier président de la quatrième république.

Difficile accouchement du gouvernement

Cette longue attente est due à la particularité de la nouvelle constitution de la quatrième république. L’article 54 qui parle de cette nomination est flou et est donc sujet à différentes interprétations au sein des juristes du pays. Le nom du premier ministre est proposé par le parti politique ou groupe de partis politiques majoritaire, bien évidemment à l’assemblée nationale. Cette situation reste inédite: le pays n’est pas sous régime parlementaire ni sous régime présidentiel fort, c’est tout simplement compliqué. Sincèrement, j’ai peur de cette constitution.

Rajaonarimampianina est élu et normalement il a le droit de gérer à sa guise le pays mais son léger avantage au deuxième tour avec un taux de participation faible ne lui légitimerait pas de gouverner seul avec son association HVM (La Force Nouvelle). Rajaonarimampianina et son équipe, de même que son ancien concurrent Robinson et son parti Avana n’ont pas de base politique, ils ont bénéficié d’un soutien respectif de Rajoelina et de Ravalomanana pour atteindre le deuxième tour. Le président est donc forcément obligé de faire un gouvernement d’ouverture dans les semaines à venir, c’est comme un « remake » du gouvernement de transition et ce n’est pas bon pour un développement rapide.

Mais bon, le premier ministre sera sûrement nommé cette semaine car c’est presque une exigence des partenaires étrangers après le premier déplacement officiel du président et de sa ribambelle de conseillers en terre américaine et en terre française durant les deux semaines passées. Ainsi, les affaires du pays pourront enfin continuer %


Les jeunes, gare à vos photos sur Facebook

Je reviens sur Mondoblog après avoir constaté la mauvaise utilisation d’internet notamment le réseau social Facebook par nos jeunes. Je dis par là de faire très attention à ce que vous postez sur internet, les photos plus exactement.

En effet, la semaine dernière, une page à caractère érotique créée par un anonyme faisait polémique sur le web malgache. Un mouvement a été lancé pour signaler cette page et cela a porté son fruit car  la page a été aussitôt supprimé par Facebook. La page polémique existait depuis des mois mais ce n’est depuis que les journaux en ont parlé que les internautes ont paniqué et se sont mobilisées pour la signaler, les filles craignant de s’y retrouver.  Cette polémique a été même reprise par le site web de la RFI dans cet article: Polémique autour de Facebook après le suicide d’une jeune Malgache. Mais je pense que cette histoire de suicide soit fausse (information mal recoupée) car cela n’a pas été confirmée nulle part, de plus la fille en page de couverture de cette désormais ancienne page (ouf!) est bien vivante et en bonne santé.

Illustration: facebook pour mobile
Illustration: facebook pour mobile

Comme le dit l’article, la société malgache est une société où les jeunes ont rarement droit à la parole d’où le succès de Facebook chez les jeunes. Le problème c’est qu’ils l’utilisent mal. Ce succès n’est pas prêt de s’arrêter avec les offres internet alléchantes des opérateurs téléphoniques locaux (Orange, Airtel et Telma) : du Facebook mobile gratuit pour 500 Ariary (Ar) par mois, souscrire à un forfait de 600 Ar pour avoir 50 Mégaoctets d’internet pour 24h, etc.

Nos jeunes filles osent de nos jours poster des photos suggestives sans avoir conscience que ces photos seront vues par des amis virtuels qui peuvent être un total inconnu, le pire c’est que les photos furent postées en mode public car la majorité des internautes ne font pas attention aux paramètres de confidentialité de leurs comptes. C’est vrai que la page a été crée par un salopard, un pervers mais la leçon a tirer de cette histoire c’est de faire attention à ce que l’on poste sur internet. Voire même faire attention aux photos que l’on prennent! Une simple photo de plage devient érotique après une photomontage et si elle se retrouve sur de telle page Facebook.

Sur un tel cas, on peut se dire que l’État ou l’autorité ou … doit avoir un œil sur la communication Internet, juste un tout petit œil mais pas trop, pas sur nous gentils blogueurs …


Le prochain président malgache est un « framasao »

Le scrutin présidentiel (deuxième tour) s’est tenu le 20 décembre, mais on ne connaîtra le nom provisoire du vainqueur venant de la commission électorale Céni-T que le 7 janvier 2014. Actuellement, le combat est très serré, cela se joue à des virgules près.

Dans tous les cas, que ce soit Hery ou Robinson, le prochain président malgache est franc-maçon. Framasao est l’appellation malgache inventée par les jésuites pour cette organisation.

J’ai décidé d’en faire un billet, car c’est l’un des sujets brûlants au pays depuis le débat télévisé du 11 décembre 2013.

Si d’un côté, l’appartenance à une loge maçonnique de Hery Rajaonarimampianina a été révélée sans suite depuis longtemps notamment par le journal La Gazette de la Grande Ile en avril 2013 :

Pour arranger l’image de ce franc-maçon, celui-ci s’est marié samedi dernier… Et ce, afin d’éviter d’éventuelles polémiques autour du statut du couple Rajaonarimampianina…

Pour Robinson, son appartenance à la GLNM (Grande Loge nationale malgache) a été révélée par la question de la journaliste pendant le débat du 11 décembre. Hery appartient à la loge Grand rite malgache (GRM).

Tout cela amène à se demander : le duel du deuxième tour est-il un duel entre loge maçonnique?

Franc-maçonnerie, sujet tabou

Sceau du GOF
Sceau du GOF

A Madagascar, la franc-maçonnerie est encore un sujet tabou. Beaucoup de personnes ont peur d’évoquer le sujet. Je comprends que c’est normal vu que la discrétion et l’opacité des réunions restent la qualité maçonnique fondamentale : il y est par exemple exigé de ses membres un engagement de garder secrets les lignes, mots et poignées de mains (« signs, words and grips »). De plus, les églises sont encore réticentes à l’appartenance de leurs fidèles à cette organisation. Certains journaux ont même récemment réclamé l’excommunication de Jean-Louis Robinson de l’Église catholique, mais cela doit aussi être valable pour Hery par l’Église protestante réformée. Ce qui me semble sûr, c’est que la révélation récente sur Robinson lui a coûté des voix au scrutin. Pour moi, obédience, loges, etc.  sont juste une forme d’association, une sorte de scoutisme pour adultes je dirais. En Afrique, du Sénégal au Gabon, je pense que ce n’est plus tellement tabou; appartenir à une fraternité semble même être primordial, car beaucoup de dirigeants africains appartiennent à des loges.

Madagascar à la recherche de lumière

Ce billet est également mon droit de réponse à l’article paru sur Madagascar Tribune Online en 2009 dans les débuts de la crise malgache : « La franc-maçonnerie malgache en panne de lumière ?  » Les frères malgaches semblent être en panne de lumière, impuissants face à la crise malgache de 2009.

Lisez l’article du lien pour comprendre comment les Malgaches apercevaient/aperçoivent cette organisation : pour le Malgache moyen, le franc-maçon est un voleur de cœur à la réputation sulfureuse.

Les réalisations de francs-maçons

George Washington, franc-maçon et premier président des USA
George Washington, franc-maçon et premier président des Etats-Unis

Georges Washington, le premier président des États-Unis est un maçon et fier de l’être. Il est le père de l’indépendance du pays le plus puissant au monde.

Jules Ferry est un illustre franc-maçon, il est à l’origine de beaucoup de lois scolaires appliquées en France et dans les colonies: gratuité de l’enseignement primaire, la laïcité de l’école, etc.

Le projet de loi « mariage pour tous » est une disposition adoptée en loges.

A Madagascar, les francs-maçons ont réussi à faire accoucher la Convention du Panorama ou Convention du 31 octobre 1991 qui dénouera de façon malgacho-malgache la crise politique de l’époque. Le gouvernement de transition entre 1991 et 1993 comprenait d’ailleurs plusieurs « frères » dont notamment le premier ministre Guy Willy Razanamasy qui avait dirigé le pays avec tact et détermination.

J’ai également appris il y a quelques semaines que Nelson Mandela, le héros anti-apartheid est un maçon. La réussite de Mandela est-elle donc une initiative maçonnique? Vous l’avez compris : comme souvent, la seule chose certaine, c’est que la rumeur circule. C’est une information non confirmée.

Maintenant nous aurons un président FM, que fera-t-il pour le pays?

Vivement la réconciliation nationale et le nouvel ordre malgache ; le pays a vraiment besoin de croissance économique après quatre ans de crise, quatre ans de recul.


Madagascar, les élections jumelées du 20 décembre

Je suis de retour avec mes blablateries sur la politique à Madagascar.

C’est la première élection du genre à Madagascar : le deuxième tour de l’élection présidentielle et les élections législatives se déroulent le même jour, vendredi 20 décembre prochain. Deux élections pour deux institutions différentes l’exécutif et le législatif.

C’est le dernier événement majeur de cette année, source de crise postélectorale si l’on se fait pessimiste, heureusement que c’est organisé sous l’égide de la communauté internationale.

Débat TVM du 4 décembre dernier: Hery VS Robinson
Débat TVM du 4 décembre dernier: Hery VS Robinson

Le deuxième tour de la présidentielle voit l’affrontement par les urnes de Jean Louis Robinson (Robinson) et Hery Rajaonarimampianina (Hery) qui ne sont que les candidats interposés des deux belligérants principaux de la crise malgache que sont Marc Ravalomanana l’exilé en Afrique du Sud et Andry Rajoelina l’actuel homme fort de Madagascar.

Depuis l’annonce du résultat officiel du premier tour par la Cour électorale spéciale fin novembre, les annonces de soutien des candidats perdants ne cessent d’affluer pour les deux candidats. Si l’on fait un peu de calcul par portage des voix, Robinson ferait 38 % et Hery ferait 34 %. Rien n’est encore gagné, ce sera très serré.

Cette élection législative n’est pas à sous-estimer pour ces deux candidats, car la Constitution de la 4e République prévoit un pouvoir semi-parlementaire. Le premier ministre sera nommé par la Chambre basse (Assemblée nationale). Et cette chambre a le pouvoir de destituer un président par la motion d’empêchement. De plus, il a fait adopter un décret stipulant que ce n’est plus une coalition de partis politiques majoritaires qui propose le premier ministre (PM), mais un simple groupe parlementaire ayant le plus grand nombre de députés qui désignera le PM.

La particularité de ces élections 2013, c’est la présence de candidats indépendants non présentés par des partis politiques. Ce sont des entrepreneurs, businessmen, artistes, enseignants, etc.

Rajoelina ne milite plus tellement pour son poulain à la présidentielle considérant peut-être qu’il peut se débrouiller. Exception le week-end dernier; dans la ville de Majunga où Hery avec Rajoelina ainsi que les perdants du premier tour soutenant Hery étaient ensemble durant un meeting avec une armada d’artistes; pour dire que l’équipe est au grand complet et « solidaire ».

Rajoelina s’investit totalement dans les législatives, son image est utilisée sur les posters des candidats à la députation de sa plateforme MAPAR (Miaraka Amin’ny Prezida Andry Rajoelina = Avec le président Andry Rajoelina) malgré l’interdiction de la feuille de la route considérée comme loi. Un autre décret récemment adopté autorise les chefs d’institution à participer à la propagande en contradiction avec le code électoral. Bof, la modification des lois par un simple décret est devenue une pratique courante à Madagascar.

Tout porte à croire que Rajoelina veut devenir le premier ministre de la 4e République.

De l’autre côté, dans le clan Ravalomanana, cela fera bientôt cinq ans qu’il a été déchu de manière non démocratique, cela fera cinq ans que ses partisans militent pour son retour et pour la chute du régime Rajoelina. Cinq ans de militantisme équivalent à l’apparition de plusieurs leaders. Ainsi, la mouvance Ravalomanana n’a pas réussi à fédérer à temps ses partisans pour une plateforme unique aux législatives. Résultat : « Chacun pour soi ». Dans les grands districts, ceux qui vont voter pour Robinson à la présidentielle auront le choix entre 2 et 5 candidats pro-Robinson pour la députation: soit Movansa Ravalomanana/Zanak’i Dada, soit le parti Avana, soit le parti MFM sans compter les indépendants. Qui vont-ils choisir? C’est juste du mauvais calcul politique.

Pour conclure, voici mes prédictions pour ces élections !

Le MAPAR de Rajoelina sera évidemment le groupement politique ayant le plus de députés, car c’est le seul qui couvre 99 % des districts (117 candidats sur 119). Il gagnera dans de nombreux districts des provinces. Il y a par exemple 24 districts non couverts par le clan Ravalomanana, cela équivaut plus ou moins à une vingtaine de députés pour le MAPAR.

Dans la capitale (Antananarivo), le MAPAR grignotera des places, faute d’éparpillement des voix chez les partisans de Robinson/Ravalomanana. Sur les 16 sièges en jeu, les Rajoelina peuvent arriver à en gagner six (6) malgré leur impopularité dans cette zone-là.

Pour le cas du district où j’habite (Atsimondrano), le jeune richissime entrepreneur (candidat indépendant) un certain Jaona Elite pourrait obtenir un siège sur les deux. Ce qui est probable c’est que la plateforme de Rajoelina n’y obtiendra pas un siège.

Ce que je ne souhaite pas du tout pour mon pays c’est une crise post-électorale !

La politique divise les Malgaches. On doit prendre exemple sur feu Nelson Mandela, après 27 ans d’emprisonnement, il a pardonné. RIP Madiba !

On se reverra après le 20 décembre, chers lecteurs! Dia gaga ianao!


Enjeu de l’Internet sur l’élection présidentielle de Madagascar

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu ce vendredi 25 octobre à Madagascar. Après de multiples reports, cette fois-ci, le pays tiendra la première élection acceptée par la communauté internationale depuis les troubles de 2009.

A part les propagandes sur le terrain, le web est également un véritable champ de bataille électorale, surtout sur les réseaux sociaux, il y a des guerres de « j’aime » sur Facebook par exemple. Nos politiciens ont sûrement appris que le succès d’Obama aux USA est en partie lié à sa bonne utilisation d’une stratégie web efficace. Il ne faut pas rater cette option-là se disent peut-être les équipes de campagne de nos politiciens !!!

Sites web

On n’a pas encore la liste exhaustive des sites web des candidats. Il y a ceux qui ont juste créé des blogs gratuits, car créer et gérer un site web nécessite un certain budget. C’est un moyen de différencier les candidats sérieux de ceux qui ne font office que de figuration, car un site web est le bon média pour présenter le programme d’un candidat à la présidentielle.

Facebook

Pour info, les utilisateurs Facebook à Madagascar de plus de 18 ans, c’est-à-dire les gens en âge de voter sont au nombre de 340 000 personnes environ.

Audience Facebook à Madagascar + 18 ans
Audience Facebook à Madagascar + 18 ans

Il ne faut pas rater ce filon-là. Depuis l’ouverture des dépôts de candidature au mois d’avril dernier, les publicités Facebook foisonnent, la zone du côté droit pour les liens sponsorisés est tous les jours remplie de 2 à 5 publicités de candidats.

Les premiers à s’investir sur Facebook étaient : Sylvain Rabetsaroana, Dr Jean-Louis Robinson, Ny Rado (candidat exclu après le renouvellement de la Cour électorale spéciale ou CES début août). Le premier est actuellement le candidat ayant le plus de « j’aime ».

Bonne percée du dernier candidat inscrit

Hery Rajaonarimampianana est le dernier et 33e candidat à s’être inscrit en substitution à deux candidats exclus par la CES plus de trois mois après la clôture des dépôts de candidature. Son équipe a donc créé et promu depuis mi-août sa page Facebook qui a immédiatement obtenu ses premiers j’aime. Actuellement, la page a plus de 5 400 j’aime.

Ascension fulgurante de Dr Robinson

Etant un des premiers à s’investir sur les médias sociaux, ce candidat n’a pourtant recueilli qu’environ 500 likes avant le mois de septembre 2013, mais depuis l’annonce officielle de soutien par l’ancien président Marc Ravalomanana en exil, sa page est devenue le plus populaire passant de 500 likes à proche de 17 000 aujourd’hui. C’est une véritable success-story pour une page de personnalité à Madagascar ! Il semble que les partisans de l’ancien président se sont rués sur sa page après l’annonce du soutien.

Des candidats ont investi tardivement financièrement sur les réseaux sociaux comme Rajemison Rakotomaharo, Edgard Razafindravahy mais comme dit le dicton : mieux vaut tard que jamais !

Pour conclure, voici le Top 5 des candidats sur Facebook, c’est un tableau d’analyse effectué par le site Madagrow.

Top 5 des candidats sur Facebook. Capture d'écran sur Madagrow
Top 5 des candidats sur Facebook. Capture d’écran sur Madagrow

Il s’agit d’un classement par ordre de popularité et non pas par ordre de likes, car la popularité équivaut au nombre de personnes qui parlent du candidat. Notons qu’il existe des sociétés qui vendent illégalement des « J’aime » en utilisant des milliers de faux comptes.

Twitter

On n’aurait pas cru que les candidats investiront ce réseau social, mais ils sont nombreux à avoir des comptes malgré le faible nombre d’utilisateurs malgaches de cet outil par rapport à Facebook.

Les utilisateurs malgaches de Twitter ne sont pas arrivés à se fixer un hashtag unique par conséquent beaucoup de hashtags sur les élections foisonnent comme #mdg2013, #mg261, etc. Ceux qui veulent promouvoir les ridicules de l’élection ont même créé le hashtag #mdr2013 pour « mdr » pour « mort de rire ».

Autres médias web

Les médias dits sociaux ne sont pas seulement Facebook et Twitter, il y a également Instagram, Pinterest, Foursquare, etc. D’ailleurs, il y a d’autres voies pour faire de la publicité sur Internet.

Rares sont les candidats qui percent vraiment dans l’utilisation de ces outils, je cite notamment Dr Jean-Louis Robinson et Hajo Andrianainarivelo. Le premier ou bien son équipe poste régulièrement des live photos de leurs meetings sur Instagram. Le second est le seul à faire des publicités Google (Adwords).

Sondages

Des sondages libres et indépendants existent sur Internet, mais il faut préciser  que le taux de pénétration à Madagascar est d’un peu moins de 3 % donc les sondages sur Internet restent non fiables,  et il y a encore beaucoup d’analphabètes au pays. De plus, cela nécessite la volonté de l’internaute, il est quasi certain que les partisans du pouvoir n’ont pas ce désir de s’exprimer par rapport aux partisans de l’opposition qui ont écarté des médias pendant la transition.

Cela commence déjà pour les législatives

Les législatives jumelés au deuxième tour de la présidentielle le 20 décembre seront également un combat électoral intéressant. Et les candidats commencent déjà à s’activer sur le net pour la précampagne, des publicités Facebook apparaissent déjà.

Il y a 33 candidats à l’élection présidentielle de Madagascar, il y a ceux qui ne sont présents ni sur le terrain ni sur le web. Mais il y a ceux qui font campagne sur le terrain, mais ne font pas sur le web : est-ce une mauvaise stratégie ? On ne le sait pas encore !

Au lendemain de ce scrutin, qui accouchera soit d’un deuxième tour (c’est le plus probable) soit directement du premier président de la quatrième République, on verra comment les médias sociaux ont participé à cette élection.

Infographie des publicités Facebook. Création: Rija (Haikajy Agency)
Infographie des publicités Facebook. Création: Rija (Haikajy Agency)


Blog action day: mes regards sur les droits de l’homme à Madagascar

Pour le blog action day de cette année dont le thème est les Droits de l’Homme, je prends la plume pour relater la situation des droits de l’homme au pays.

J’ai toujours entendu parler de ce mot « droits de l’homme », j’entends des dire comme quoi Madagascar doit encore faire beaucoup d’efforts pour les respecter. Cela fera bientôt 65 ans le 10 décembre prochain que la déclaration universelle des droits de l’homme (D.U.D.H) a été adoptée par l’ONU. Mais c’est quoi les p**ains de droits de l’homme, WTF are human rights??? Pourquoi il y a encore tant de violations de ces droits dans le monde!

Grâce au Wikipédia gratuit fourni par l’opérateur Orange Madagascar, j’ai pu surfer un peu tout à l’heure pour lire que c’est un concept selon lequel tout être humain possède des droits universels, inaliénables, quel que soit le droit positif en vigueur ou les autres facteurs locaux tels que l’ethnie, la nationalité ou la religion.

Depuis le changement anticonstitutionnel au pays en 2009, le pays vie dans une crise, les conditions de vie se sont détériorées et les droits de l’homme avec. Les rapports des États-Unis ne sont pas tendres envers le pouvoir en place depuis cette année. Pour l’année écoulée 2012, le gouvernement américain accable les exactions qui sévissent dans le sud du pays dans le cadre de la lutte contre le grand banditisme et les vols de zébus, il y aurait 100 personnes tuées arbitrairement. J’imagine un rapport plus accablant pour 2013 car le nombre de bandits tués atteindra les milliers à la fin de cette année.

Cas des travailleuses malgaches au Liban, Arabie Saoudite et Koweït

Maltraitance subie par les travailleuses malgaches
Maltraitance subie par les travailleuses malgaches

Des milliers de jeunes filles migrent dans ces pays pour travailler comme domestiques. Mais une fois sur place, elles vivent un véritable enfer. Maltraitées, battues, violées, elles subissent toutes formes de violences. Avec la crise de 2009, l’économie s’est effondrée et de nombreuses entreprises ont mis la clé sous la porte causant l’augmentation du chômage au pays. Rêvant d’une vie meilleure, les jeunes filles se ruent en voyant les salaires qu’elles peuvent en gagner malgré le fait que des milliers de jeunes femmes sont rentrées pour fuir leurs mauvais traitements et les conditions inhumaines, elles n’oublieront jamais le calvaire qu’elles ont vécu au Liban, en Arabie Saoudite ou au Koweït.

J’aurais aimé ne pas parler de cela et ne parler que de la beauté de Madagascar, sa faune et sa flore impressionnante et unique au monde mais cette situation me met hors de moi. C’est aussi mon soutien aux organisations qui luttent contre ce fléau et ainsi lancer un message à l’État malgache d’arrêter sa complicité dans cette situation!

Vulgarisation des droits de l’homme

Droits de l'homme (ONU)
Droits de l’homme (ONU)

Pour terminer, je vais parler de l’initiative d’une petite association de jeunes que j’ai rencontrée sur la vulgarisation de la D.U.D.H (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme). L’association des jeunes patriotes actifs ou A.J.P.A milite pour le respect des droits de l’homme au pays, elle œuvre pour inculquer l’existence de ces droits inaliénables des êtres humains chez les écoliers et les jeunes en général.  Jeunes actifs, ils le sont!

Hashtags du jour:

#BAD13 #Oct16 #HumanRights


Simulacre d’élection : Ratsiraka en remet une couche

J’ai couvert la première interview télévisée de l’amiral en retraite Didier Ratsiraka, pourquoi je ne couvrirais pas la seconde, juste un mois après et c’était hier !

Cette fois, son interview a été diffusée sur  les chaînes nationales malgaches (RNM et TVM), une première qui fait grincer les dents de tous ceux qui n’ont pas encore obtenu cette faveur jusqu’à maintenant.

Pour rappel, le décryptage de sa précédente intervention en septembre : Didier Ratsiraka de retour à la télé, un vrai spectacle

Le pays est actuellement campagne électorale pour la présidentielle du 25 octobre prochain, mais cela n’empêche pas cet ancien président de donner son avis. En plus, il règle ses comptes avec la communauté internationale. Il est contre le diktat sur l’organisation hâtive de l’élection. Il répète maintes fois : « L’élection n’est pas une fin en soi ». Il pense que le président élu prochainement sera un président mal élu. Il prône la conférence au sommet élargie, le vrai dialogue malgacho-malgache.

Prouvant que malgré son âge avancé, il a encore de la bonne mémoire : il a cité les articles non appliqués parmi les 45 articles de la feuille de route ratifiée fin 2011. L’amiral a même fustigé le représentant de l’Union européenne à Madagascar, Leonidas Tezapsidis sur sa déclaration que les Malgaches n’ont pas confiance à sa justice, alors pourquoi aurions nous confiance à la CENI-T et la CES des institutions composées de magistrats censés respectivement organiser les élections et annoncer les résultats officiels.

Il insiste sur sa solution miracle faisant venir des investisseurs privés qui injecteront 1, 5 à 2 milliards de dollars par an au lieu de seulement 2 milliards pendant cinq ans dans les conditions actuelles. Il s’agira d’un contrat synallagmatique liant les deux parties pour une coopération mutuellement avantageuse. De plus, Ratsiraka a toujours la nostalgie de sa Constitution de 1998 instituant les provinces autonomes. Pour lui, c’est toujours la solution.

Ce qu’apporteront les soi-disant investissements :

–  1 500 000 emplois au minimum

–  les salaires minimum dans le privé élevés à 2,5 dollars par jour, dans notre monnaie 150 000 Ar par mois

–  augmenter les bourses estudiantines et les pensions de retraite de 40 %

–  etc.

De vraies promesses de campagne, malheureusement il n’est pas candidat ! C’est vrai que cela est vraiment possible avec ce plan de redressement de 2 milliards de dollars par an. Tout cela reste un rêve et on se demande si l’amiral est sincère ?

Ratsiraka est un fin politicien, un homme d’Etat intelligent et avisé. Cela fait beaucoup d’éloges, mais il faut savoir qu’il est le président resté le plus longtemps au pouvoir à Madagascar, de 1975 à 1991 (2e République) puis de 1997 à 2002, or il n’y a pas eu de réalisations importantes contribuant au développement du pays durant ces 21 années de règne.

La jeune génération n’est pas tendre avec lui. Par exemple, le blogueur malgache Pakysse ne va pas par quatre chemins dans ce billet sur l’interview de Ratsiraka du mois de septembre dernier : Ratsiraka le vantard.

Beaucoup de flou dans ses déclarations d’hier.

Qui sont ces investisseurs?

C’est quoi les conditions de ces investisseurs?

On ne demande qu’à y croire !


Madajazzcar : le festival international de Jazz est déjà à sa 24e édition

Ceci est ce que l’on peut appeler un billet rapide et mon premier dans la catégorie de la musique. Le grand festival Madajazzcar se tient du 1er au 12 octobre 2013. Ce sera deux semaines de podium de Jazz, de concerts gratuits, de cabarets, mais il y aura également des ateliers et des conférences-débats.

Cette édition aura un tableau riche de participants venant du monde entier : Edgard Ravahatra, la saxophoniste Hanna Paulsberg, la flûtiste suisse Linda Josefowski, la chanteuse de jazz américaine, Sara Lazarus, hommage à Andy Razaf, etc. En gros, il y aura une centaine de musiciens nationaux et une dizaine de musiciens internationaux venant de 9 pays différents.

Les festivités se tiendront sur 19 lieux différents en majorité à Antananarivo, mais les organisateurs sillonneront également quelques grandes villes de l’île à travers les Alliances françaises locales. J’ai encore la nostalgie du podium de Jazz en plein air dans le célèbre jardin d’Ambohijatovo, mais dommage à cause des tracasseries politiques au pays, la place n’est plus aussi sûre. Les organisateurs ont décidé depuis 2009 d’écarter cet endroit : on se contentera du jardin d’Antaninarenina affecté par l’office régional du tourisme pour l’événement de cette année.

Voici un extrait du programme :

Extrait du programme de Madajazzcar 2013
Extrait du programme de Madajazzcar 2013

La star de cette édition : Andy Razaf

Affiche avec Andy Razaf en haut à gauche
Affiche avec Andy Razaf en haut à gauche

Eh oui ! Une des stars de cette édition 2013 sera une star posthume puisque l’on rendra hommage à ce célèbre jazzman américain d’origine malgache « Andy Razaf ». Pour être plus précis, le festival Madajazzcar 2013 est érigé pour lui rendre hommage, car c’est un auteur compositeur malgache qui a hissé haut le renom du jazz au niveau international.

Paco Sery Group à l’IFM (Institut français de Madagascar)

Et l’Afrique n’est pas en reste dans ce festival, car il y aura la participation du musicien ivoirien résidant en France Paco Sery qui va se produire avec sa bande dans la salle de spectacle de l’Institut français. Paco Sery est un petit bonhomme que l’on ne voit pas derrière sa batterie, mais un grand nom qui sillonne la planète de long en large, associé aux musiciens les plus illustres. (Extrait RFI)

Affiche du concert de Paco Sery Group
Affiche du concert de Paco Sery Group

Ne manquez pas de visiter le site officiel du festival international Madajazzcar : https://www.madajazzcar.mg


Didier Ratsiraka de retour à la télé, un vrai spectacle

L’ancien président Didier Ratsiraka, candidat évincé par la nouvelle cour électorale spéciale (CES) sort de son silence et s’est exprimé hier 11 septembre sur sa vision concernant l’évolution de la situation politique sur une chaîne privée locale. Il a répondu notamment aux questions des journalistes nationaux et internationaux. Ratsiraka est enfin sorti de mon mutisme plus d’un mois après sa disqualification par la CES. Il a voulu être interviewé sur la chaine nationale publique (TVM pour la télé, RNM pour la radio) mais ce sont Andry Rajoelina et compagnie qui a la main mise depuis 2009, il doit alors se rabattre sur une chaine privée n’ayant pas une grande portée mais ayant tout de même une audience considérable surtout à Antananarivo!

Ce rendez-vous était déjà pressenti la semaine dernière, de même ses partisans affichaient déjà l’imminence de son retour sur son site web :

Annonce sur le net: Didier Ratsiraka va sortir de son silence.
Annonce sur le net: Didier Ratsiraka va sortir de son silence.

Je me souviens de son discours à son retour après plus de 7 ans d’exil en France: «Dieu m’a donné une chose, un cerveau… profitez que je sois encore là, car j’ai une idée que j’aimerai partager à la classe politique, civile, militaire et à tous les Malgaches pour sortir Madagascar des crises cycliques ». « Je ne demande qu’à ce qu’on m’écoute ».
Je savais que cet homme n’allait pas rester les bras croisés malgré son âge avancé, il voudra toujours marquer l’histoire du pays.

Il s’est donné en spectacle et il a bien réussi son apparition télévisée.

L’anti-élection

Il n’est pas contre l’élection en elle-même mais il veut une élection vraiment transparente et démocratique après les dialogues malgacho-malgaches initiées par le FFKM ou Conseil des Eglises Chrétiennes de Madagascar, il est donc contre l’organisation hasardeuse actuelle de l’élection présidentielle pour ce 25 octobre. Il rappelle le cas de plusieurs pays où les élections n’ont pas résolu les crises.

Il n’aime pas du tout l’introduction du « bulletin unique » à Madagascar un pays où plus de 40% de la population sont illettrées. De plus, le nombre exact des électeurs n’est pas encore défini. Cette élection organisée comme telle sera une source de division selon lui.

Pour lui : « Vive la conférence au sommet ! », appelé également « le sommet des 4 ». Qui sont ces quatre : Andry Rajoelina le président de la transition, Didier Ratsiraka ancien président, Albert Zafy ancien président et Marc Ravalomanana le dernier président élu actuellement en exil en Afrique du Sud.

Il veut mettre fin une bonne fois pour toute aux crises cycliques à Madagascar.

« Faisons cette table ronde et on verra bien ce que cela va donner ».

Des révélations : il fustige la France

« Vous vous rendez compte, 53 ans après l’indépendance c’est encore Le Quai d’Orsay qui commande. Paris est déçu des candidatures de Didier Ratsiraka, Lalao Ravalomanana et Andry Rajoelina ». C’est toujours La France qui décide de qui peut diriger ou ne pas diriger le pays.

« J’ai gardé le silence pendant un mois car c’était trop bas, cette ingérence inacceptable, que Paris peut s’arroger le droit de nommer qui peut être candidat et qui ne doit pas être candidat. »

C’est la France qui a ordonné à Philibert Tsiranana de se retirer du pouvoir en 1972 l’année d’un mouvement populaire au pays. En 2002, c’est toujours la France à travers son ambassadeur Stanislas de Laboulaye qui m’a demandé de quitter le pouvoir. Il a souligné, qu’il était l’un de ceux qui ont voulu la destitution de Ravalomanana au pouvoir en 2009, un plan initié par la France entre lui et Rajoelina mais finalement, il a préféré ne pas intégrer le régime de la Transition qu’il juge illégale et anticonstitutionnelle.

L’élection n’est pas une fin en soi, il y a d’autres choses fondamentales qu’il faut régler avant.

Les Iles Eparses de Madagascar

Les Glorieuses, Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Tromelin …

Ces îles regorgent de ressources pétrolières gigantesques plus grandes que les réserves de Qatar !

En bref, Ratsiraka dit : ces îles appartiennent à Madagascar et non à la France. De plus, en 1979, l’ONU avait recommandé à la France d’engager les négociations en vue de la restitution des îles à Madagascar.

« Je vais écrire cela dans mon testament : ces îles sont malgaches ».

Il y a tout de même plus 400 000 milliards de pieds de mètres cubes de gaz dans ces îles. Wow ! wow ! wow !

Un plan de redressement

Il aurait un plan économique avec de vrais investisseurs  qui permettra à Madagascar de devenir autosuffisant en riz, en huile, en sucre mais on pourra aussi exporter car la productivité aura triplé, tout cela juste en 2 ans (3 ans au maximum). Mais il faudrait avant tout réconcilier le peuple malgache. Sa stratégie de l’an 2000 demeure toujours, a-t-il ajouté avec un financement minimal immédiat de 4 milliards de dollars pour le développement sans augmenter la dette malgache.

Ses mots de la fin

Peuple malgache! Que voulez-vous une élection coûte que coûte, mal organisée, source d’une autre crise OU sortir de la crise ensemble dans une Nation réconciliée, un peuple qui a la volonté de vivre ensemble, de souvenir ensemble, d’oublier ensemble.

C’est possible !

Les coupables de la crise

Les politiciens malgaches tout autant que la Communauté internationale sont responsables de la crise malgache.

Toujours est-il que Didier Ratsiraka n’a pas tout révélé ou ne voulait pas tout révéler permettre à la population de savoir sur ce qui s’est passé vraiment dans ce pays et, enfin de pardonner.

L’organisation des élections par le CENI-T avance à grands pas, il est maintenant peu probable que les élections ne se tiennent pas comme deux fois auparavant (8 mai et 24 juillet). On verra ce qui va se passer ce 25 octobre %


Ras-le-bol de la situation politique à Madagascar

J’ai voulu écrire beaucoup d’articles sur la politique à Madagascar surtout après l’exclusion des 3 candidats favoris par la nouvelle CES ou Cour Électorale Spéciale mais dommage je n’ai pas eu le temps.

A la place, je prends la plume pour vous dédier ce billet en signe de ma lassitude sur la situation socio-politico-économique à Madagascar. L’avenir s’avère encore plus incertain et s’annonce même plus sombre malgré la satisfaction de plusieurs pays suite à la nouvelle liste de candidats.

Peut-être il y aura une élection présidentielle ce 25 octobre mais ce n’est pas assuré d’apporter l’apaisement « durable » tant nécessaire pour Madagascar, soit cela apportera un apaisement « temporaire », soit n’apportera pas du tout l’apaisement.

Pour commencer, voici un résumé chronologique de la situation politique de cette année 2013.

Mais avant, je tiens à rappeler pour les néophytes que la crise a vraiment commencé par le coup d’état du 16 à 17 mars 2009 perpétré par une frange de l’armée malgache alliée à l’ancien maire d’Antananarivo Andry Rajoelina. Le président de l’époque Marc Ravalomanana avait alors dû s’exiler d’abord au Swaziland avant d’obtenir l’asile en Afrique du Sud. Andry Rajoelina est devenu l’homme fort du pays jusqu’à aujourd’hui.

2009, 2010, 2011, 2012 le pays est isolé par la communauté internationale, les principaux bailleurs de fonds cessent d’investir, la population subit une profonde crise: tourisme en baisse, insécurité, perte d’emplois, etc.

Cette année 2013 a été proclamée année des élections qui devaient être libres, consensuelles et inclusives. Ce qui n’est plus le cas!

 10-12-2013: Marc Ravalomanana a pris tout le monde de court. L’ancien chef d’Etat a annoncé à Dar Es Salaam en Tanzanie, qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle.

 15-01-2013: A son tour, Andry Rajoelina annonce qu’il ne sera pas non plus candidat.

Entre temps, le premier tour de l’élection présidentielle initialement prévu le 8 Mai 2013 est ajourné pour le 24 Juillet 2013 par la CENI-T ou Commission Electorale Nationale Indépendante de la Transition pour des raisons techniques.

 28-04-2013: Deadline du dépôt des candidatures à la présidentielle. A la fin de cette journée, la CES ou Cour Electorale Spéciale a en tout reçu 48 dossiers.

Quelques noms se démarquent dans cette liste : Lalao Ravalomanana, l’épouse de l’ancien président déchu Marc Ravalomanana, actuellement en exil; Didier Ratsiraka, chef de l’État de 1975 à 1993 et de 1997 à 2002; et le parti de l’actuel homme fort de l’île, Andry Rajoelina a aussi son candidat en la personne d’Edgard Razafindravahy.

03-05-2013: Jour de verdict de liste définitive des candidats par la CES.

Surprise! Le nom d’Andry Rajoelina, le président de la transition y apparaît! C’est ce que j’avais surnommé « candidature ninja » dans mes précédents billets.

La CES a validé 41 dossiers de candidature. Madagascar semble avoir battu le record avec ce nombre là!

08-05-2013: la CENIT procède au tirage au sort des candidats pour la confection du bulletin unique.

Bulletin unique, présidentielle à Madagascar. Crédit photo: la CENI-T
Bulletin unique, présidentielle à Madagascar. Crédit photo: la CENI-T

La CENI-T veut avancer mais une partie de la Communauté Internationale n’est pas du même avis: la décision de la CES leur est très contreversée comme quoi elle ne respecte pas les lois malgaches.

La France est le premier pays à contester la décision de la CES à travers son ambassadeur ici à Antananarivo: François GoldBlatt. La France déplore surtout trois candidatures: celle d’Andry Rajoelina, de Lalao Ravalomanana et de Didier Ratsiraka.

 11-05-2013: la SADC ou Communauté de Développement de l’Afrique Australe réclame le retrait des candidatures des trois principaux candidats.

En gros, c’est la soi-disant communauté internationale qui somme les 3 principaux candidats de se retirer. Selon eux, ces candidatures n’entraîneront que des troubles.

Ce n’est pas officiel mais c’est sûr qu’il n’y aura pas d’élection le 24 Juillet car il n’y aura pas de financement!

 02-07-2013: La France insiste: « La France appelle de nouveau Mme Ravalomanana, MM Rajoelina et Ratsiraka à observer les recommandations faites par la communauté internationale, et donc à retirer leurs candidatures aux prochaines élections présidentielles »

 15-07-2013: Le GIC-M ou Groupe International de Contact sur Madagascar lance un ultimatum au pouvoir de refondre la CES pour revoir la liste des candidats afin de retirer les 3 candidats controversés. Pourtant, selon la loi, la décision de la CES est irrévocable!

08-08-2013: Adoption du projet d’ordonnance permettant le retrait volontaire de candidature à la présidentielle

 09-08-2013: Nouvelle CES ayant pour mission de faire la révision de la liste des candidats.

 17-08-2013: Les trois candidats à l’élection présidentielle ont été retirés des listes électorales avec 5 autres candidats, moins importants: pour faire passer la pilule?

Cette décision de la nouvelle CES était prévisible vue la lourde pression de la communauté internationale.

 21-08-2013: 33 candidats dans la liste définitive à l’élection présidentielle

 22-08-2013: La CENI-T définie le nouveau calendrier électoral: le premier tour de la présidentielle va se tenir le 25 octobre prochain, et le deuxième tour, jumelé avec les législatives, se tiendra le 20 décembre. Le deuxième tour se déroulera durant la saison des pluies.

En second lieu, après deux reports pendant cette année 2013, cette troisième sera-t-elle la bonne?

En tout cas, Madagascar aura une élection au forceps. Ce qui est sûr c’est qu’une partie de la population se retrouve privée de son choix par la communauté internationale. Notons que les trois candidats retirés sont les trois favoris que l’on peut estimer à eux seuls pas moins de 60% des voix!

Beaucoup de pays étrangers attendent depuis trop longtemps pour investir à Madagascar, ils en ont marre d’attendre et ils accepteront les résultats des futures élections même s’il n’y aura qu’un taux de participation de moins de 30%.

Mais l’avis des malgaches dans tout cela???

Dernière nouvelle (vendredi dernier): le président de la transition Andry Rajoelina a annoncé qu’il accepte la décision de la CES et fera une passation en bonne et due forme au futur président élu. Tiendra-t-il parole cette fois-ci?

Et le buzz qui s’en suit: le drapeau malgache à l’envers durant son discours, blanc-vert-rouge au lieu de blanc-rouge-vert!

Drapeau malgache à l'envers, couac du protocole.
Drapeau malgache à l’envers, couac du protocole.